Histoire de l ‘Abreuvoir

du Château de Marly Situe en contrebas, à l’extérieur des jardins. l’Abreuvoir n’est visible que de la terrasse qui le surplombe. lorsqu’on est appuyé à la balustrade. De tout autre point de vue, la terrasse parait s’ouvrir sur le vide : malgré cette ouverture, le jardin reste fermé sur lui-même.

Un premier abreuvoir avait été construit à cet endroit en 1687. Louis XIV demanda son agrandissement en 1698: il le montra à peine achevé à la duchesse de Bourgogne le 21 novembre 1698. Placé à un niveau nettement inférieur par rapport aux jardins, les trois jets du bassin supérieur étaient alimentés par la décharge de toutes les eaux des fontaines de Marly, réunies dans le bassin des Nappes juste au-dessus. Panneaux et pilastres. plaqués de rocaille et de coquillages en 1699, rythmaient les parois. Plus haut, une longue balustrade peinte en vert aux ornements dorés prévenait toute chute. Certes destiné avant tout aux chevaux, pendant le règne de Louis XVI les enfants du village de Marly s’approprièrent ce majestueux bassin comme une fort agréable… piscine, au désespoir du directeur des Bâtiments du roi qui craignait pour les glaises du fond.

En 1702, Mercure et La Renommée sur leurs chevaux remplacèrent leurs modèles en plâtre posés dans l’attente de leur achèvement. Désireux d’assister en personne à leur érection, le 2 août 1702, Louis XIV, “après le conseil, alla voir élever le cheval ailé qui porte la Renommée que l’on posa sur son piédestal au bout du jardin sur l’abreuvoir; tous les connaisseurs disent que c’est un ouvrage achevé. Il est de Coysevox, et a été fait en quinze mois ».

La Princesse Palatine, un peu distraite, relate la pose du Mercure, le 8 août suivant: “Hier nous avons été avec le roi au jardin, avant et après le diner, pour voir mettre en place de fort belles statues : elles coûtent cent mille francs les deux. L’une est la Renommée : elle est assise sur un coursier aîlé: le tout est d’un seul bloc de marbre blanc [elle était en place depuis une semaine]: l’autre un Hercule [sic] à cheval aussi. On ne peut rien voir de plus beau. Je ne crois pas que dans le monde entier il soit possible de trouver un plus beau jardin que celui d’ici.”